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Running, SPORT

Récit de course – Life begins @ 42,195

Avant de faire mon récit de course il était important pour moi de rappeler d’ou je viens et de ce que ces 42,195 km représentent pour moi. Désolé pour le pavé.

Si je devais me présenter brièvement je dirais ; Moi c’est Claire, 31 ans, je suis une ancienne obèse, je viens de perdre 40 kilos et je suis Finisher du Marathon de Paris.

 

A la naissance de mon fils Raphaël en 2014, j’ai pris une vilaine claque.

Moi et mes 40 kilos en trop on avaient de plus en plus de mal à cohabiter. J’ai toujours toléré mes kilos superflus mais ça ne pouvait plus durer. J’étouffais sous ce poids accumulé lentement mais surement.

J’ai donc entrepris des profonds changements dans mon quotidien. Le running en fait parti. Pour ceux qui me posent souvent la question j’ai chaussé mes baskets pour la toute 1ere fois à l’automne 2014 de manière très très décousu. Je m’y suis vraiment mise en Février 2015. C’est la que ça s’enchaine.

Mon 1er 10km => Mars 2015

Mon 1er 20km => Octobre 2015

Et en Novembre sur un coup de folie j’achète mon dossard pour le marathon de Paris.

1er Marathon => Avril 2016

C’est maintenant que je vous raconte tout sur cette journée assez dingue du 03 Avril 2016.

 

06h00, on y est, le réveil sonne.

Pas de stress. Avec mon mari qui participe à la course, on se prépare tranquillement.

J’ai ce sentiment que je vais accomplir un truc de dingue mais je suis sereine.

 

08h00

Arrivé aux consignes, Porte Dauphine. On passe à coté de la fameuse ligne d’arrivée. Celle qui me fait rêver depuis plusieurs mois. Tout doucement je lui dis « A tout à l’heure ma belle »

Il faut déjà laisser son sac ne garder que l’essentiel pour la course.

J’accompagne rapidement Thomas jusqu’a son sas pour qui le départ est à 8h45.

Je reste seule 1h à écouter de la musique, je me concentre en scrutant tous ces fous qui se pressent sur les Champs Elysées.

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10h10 

La grosse voix dans le micro lance le compte à rebours, nous décomptons avec elle.

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1,GO GO GO !

Le départ est donné. J’y suis, je vais tout donner promis.

Je m’étais fixé de suivre la meneuse d’allure 4h15.

Alors quand je la trouve enfin j’essaye de ne pas la quitter.

J’ai quand même l’impression qu’elle court plus vite que prévu et surtout qu’elle n’est pas très régulière.

Pas grave on verra bien combien de kilomètre j’arrive à la suivre.

On passe devant le Louvres, L’hôtel de ville, la rue de mon salon de tatouage 😉 Je kiffe j’ai l’impression d’être une touriste en baskets 😉 Le soleil commence a taper un peu, heureusement que j’ai mis de la crème solaire.

 

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1er ravitaillement tout va bien, un peu d’eau comme prévu et on continu sur le bon rythme 5’50. Même un peu d’avance.

Je passe les 10 kilomètres sans aucun soucis je n’ai même pas l’impression de courir. Toujours de l’avance sur le chrono fixé, j’ai confiance en moi je vais y arriver.

On s’approche de Vincennes, beaucoup de monde pour nous soutenir.

On arrive au 15eme kilomètres, je prends le temps de boire en « marchant » 10 secondes. Une petite tape sur mon épaule d’un coureur derrière moi me fait repartir 😉 MERCI MEC !!

 

On sors de Vincennes on se rapproche de Paris. Je commence à avoir une obsession.. il me faut des toilettes..

 

J’arrive sans soucis au 20eme. Petit texto à mes proches qui m’attendent au kilomètre 30. « Je suis au 20, tout va bien ». 5 minutes d’avance sur le chrono ! Au top !

Mon obsession pour les toilettes se confirme. Il va falloir que je m’arrête.

Je ne pense plus qu’a ça. Mon texto réconfortant me semble bien loin.

Je trouve enfin des WC, je m’arrête et la je perds mon groupe. Ceux avec qui je venais de faire la moitié de la course.. Mon avance sur le chrono c’est envolée avec la meneuse d’allure.

 

Je continue seule.

Bastille, il fait chaud je commence à sentir la fatigue.

 

KM 25 !! Mon premier mur

C’est dur, très dur. Je fais un rapide calcul, 42 – 25 … put*** il reste 17 kilomètres ! Je ne vais jamais y arriver. Je reçois des messages d’encouragements (merciiiiiii) qui me boostent. Je retrouve la rage de continuer. Les tunnels des quais ne sont pas faciles mais je sers les dents et j’y vais.

 

Avant le KM 30 tant attendu je marche.

Je vois la tour Eiffel, je repense au 20KM de Paris, c’était l’arrivée.

Alors je lui parle « T’es belle, je t’aime » ! C’est tellement symbolique.

 

Je veux paraitre en forme devant mes proches. Je sais que ma mère qui m’attends stresse énormément de me voir faire cette course alors si au 30eme elle me voit au bout de ma vie elle va paniquer.

Je boit de l’eau bien fraiche je reprends mes esprits et je cours jusqu’a voir la frimousse de ma petite princesse, Chloé, qui crie « MAMAN C’EST UNE CHAMPIONNE » !! 

Un bisou à mon mari, ma maman, ma tante, mon fils qui dors et je repars.

 

Le matin une copine m’avait prévenu par sms qu’une ancienne collègue était bénévole au ravitaillement du 35 KM. Je l’attends tellement.

Croiser quelqu’un que l’on connait dans cette épreuve c’est enlever un peu d’inconnu c’est réconfortant.

Ma montre me lâche au 32 eme, alors la je perds tout repère.

J’atteint le 35. Le graal. Je reconnais Sylvie, cette runneuse chevronnée me donne des petits conseils et surtout me rebooste.

Je ne savais pas a quel point j’allais en avoir besoin.

 

KM 36 !!!!! L’immeuble en pleine face !

Mes jambes me font tellement mal, les larmes me montent aux yeux.

J’ai l’impression que je vais faire un malaise. C’est surement ces gens allongés avec la croix rouge qui me font cet effet.

Je tente de courir, impossible. Alors je marche, le plus vite possible.

Je pense que j’ai marché 2KM….

Je me fait dépasser par le meneur d’allure des 5h.

Gros moment de solitude. Comme je n’avais plus de montre je ne suivais plus mon chrono.

Je sais que je vais finir bien loin de mon objectif. Pas grave je vais finir.

 

A partir du 39, je retrouve un peu de ma rage.

Mon mari m’appelle quand je suis au 40 pour savoir ou j’en suis.

Je lui demande de ne pas raccrocher de rester en ligne jusqu’a l’arrivée ou il m’attend.

 

Porte Dauphine. Je connais ce rond point par coeur, on y est presque.

Je ne sens plus mes jambes, je ne pense plus a rien. Mon mari dans mon casque m’encourage.

 

KM 42 !!!!!!!! Plus que 195mètres, je trouve même la force de finir en sprintant. 

Je franchis la ligne en 5H08:37s, bien plus que les 4h23 que j’avais en tête.

Mais tellement fière de moi. Les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres.12959579_10208639390723573_1150196673_o

Je récupère mon tee-shirt et ma médaille qui valent de l’or.

La douleur disparait. Je n’ai qu’une chose en tête JE SUIS FINISHER !!! Je l’ai eu ce put*** de marathon !!

 

Cette expérience est juste magique. Un moment seul face à soi même.

Un voyage qui permet de se confronter à ces peurs, ces certitudes.

Avec le recul je peux dire que j’ai été trop ambitieuse, je n’aurais jamais pu le finir en 4h23.

Je n’avais pas assez de jambes pour ça.

Mais j’ai le mental qui m’a permis de le terminer, c’est le principal. Je suis allé au plus profond de moi chercher ce qui pouvais me faire avancer. Je sais maintenant que je peux accomplir ce que je veux. A partir du moment ou je m’en donne les moyens.

 

Sur le parcours j’ai pu rencontrer des gens qui me suivent sur les réseaux sociaux.

Merci à eux pour leurs messages « Oh you are Good Energy Is Contagious ? I follow you and I love you » !!!!

 

J’ai aussi rencontré des coureurs trop gentils qui m’ont permis de ne pas lâcher. Merci à vous, merci le mec de #boostrepublique !

J’ai adoré vos sourires à tous sur le parcours.

Vos pancartes tellement drôles. Ma préférée « PAIN is just a french word for BREAD » !

Ca n’a l’air de rien mais quand tu galères et ben c’est vraiment motivant.

 

Merci à vous tous, c’est ma victoire contre moi même mais elle vous appartient un peu aussi.

Ah oui un immense merci aussi pour vos conseils musicaux, j’ai passé 42KM a écouter vos musiques et franchement c’était magique.

 

Une certitude ?? L’année prochaine vous me retrouverez sur la ligne de départ !

 

Bisous mes ptits chats

#Goodenergyiscontagious
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5 Comments

  • Reply Fleur 5 avril 2016 at 5 h 52 min

    Un GRAAAND BRAVO Claire !!! Quand j’ai lu avec grand interêt ton réçit captivant et que tu avais demandé à ton mari de ne pas raccrocher au tel, au hm 40, mes larmes me sont montées aux yeux … Je te tire ma révérence, chapeau bas, Claire, parce que oui, tu es une preuve que rien n’est impossible, avec un mental d’acier comme le tien ! un coup de folie, cette inscription au marathon, avec seulement quelques mois d’entrainement :o))) . (pas mal, l’histoire du »Pain » :p ) No pain, no gain, cocotte !

  • Reply Robert 5 avril 2016 at 11 h 18 min

    Merci Claire pour ce récit.
    Tu es fantastique, bravo pour ce mental d’acier!
    Et je t’admire encore plus pour ton « L’année prochaine vous me retrouverez sur la ligne de départ ! ».
    Ca c’est un bon esprit.
    Je te souhaite encore beaucoup de marathons, et je peux te certifier d’une chose: même s’ils seront tous durs, plus aucun ne sera aussi dur que celui-là. Maintenant c’est que du plaisir!
    Encore Bravo.

  • Reply sabrina abgrall 14 avril 2016 at 8 h 18 min

    superbe récit!
    moi aussi les larmes aux yeux à la fin!!!! <3
    bravo a toi! tu es un exemple!! (et j'adooooore tes tattoos!!!!!)

  • Reply Fleur 14 avril 2016 at 8 h 57 min

    C’est dingue, Claire, je viens de relire ton récit , et j’ai la même émotion ( les larmes qui viennent brouiller mes yeux…) quand tu demandes à ton mari de ne pas raccrocher du km 40 jusqu’à l’arrivée ! … No pain, no bread ! ^^ ( no butter !)

  • Reply Ana 20 juin 2016 at 12 h 57 min

    bravo pour ton marathon !
    bravo pour ton récit !
    ça ma fait sourire moi aussi j’ai pleuré a l’arrivée de mon premier marathon l’année dernière. Que d’émotion et d’ondes positives

    anamarunslowly.over-blog.com

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